Interviews : Luc Debeunne - Dirigeant associé du groupe Abrinor
Luc Debeunne est un des dirigeants du groupe Abrinor Debeunne, un réseau de professionnels de l'immobilier en métropole lilloise qui regroupe16 agences immobilières, localisées dans un rayon de 30 kms autour de Lille. www.abrinor-debeunne.fr
Quel bilan vous pouvez dresser de l'année 2009 ?
2009 est une année en demi-teinte : le début d'année a été extrêmement difficile lié au contexte économique et financier. On peut comparer le premier semestre 2009 au dernier semestre 2008 qui a été très difficile. Nous avons connu un vrai "trou" dans les transactions, tant en rentrée de produits qu'en sortie. Il n'y avait plus aucune confiance et volonté d'acheter ou de vendre compte tenu que les uns étaient vendeurs mais à des prix trop élevés et les autres à des prix voulus trop bas.
Lors du deuxième semestre 2009, le marché est revenu à une certaine réalité ou en tout cas à des valeurs plus "normales" grâce à une conjugaison de la baisse des taux et une couverture des engagements de prêt par les banques de l'ordre de 70 à 80 % (contre 100 % auparavant). A partir de septembre, l'offre est re-devenue importante et la demande a progressé petit à petit. L'année 2009 n'a pas été extra-ordinaire mais n'a pas été aussi mauvaise que 2008 !
Avez-vous senti une baisse des prix ?
Nous n'avons pas senti de vraie baisse des prix mais le contexte a "grippé la machine". Globalement, pour 2009, on peut dire que les prix ont baissé entre 5 et 10 % de moyenne. On a peut être trop et mal communiqué autour des prix qui baissent : les acheteurs ont préféré attendre une baisse plus franche des prix et les vendeurs n'ont pas modifié leurs prétentions pour ne pas perdre d'argent. La situation est figée : une baisse supplémentaire permettrait de relancer durablement le marché. Mais les vendeurs ont du mal à appréhender ce nouveau contexte. C'est à nous de les conseiller ! C'est un cycle inverse celui que nous venons de connaître.
Comment Internet vous a aidé ?
Ma position reste la même : énormément de choses se passent sur Internet et il n'y a pas de raison que l'immobilier ne suive pas la même trajectoire. Le phénomène du net ne doit pas nous rendre pessimiste : le métier d'agent immobilier n'est pas mort ! Internet reste un moyen important et réel de présentation, c'est une vitrine complémentaire que nous devons améliorer. La dimension de professionnalisme, de conseil, de visites de bien est réelle et je pense que l'avenir n'est pas à la vente directement sur Internet.
Au niveau du groupe Abrinor-Debeunne, nous avons largement travaillé ce canal de communication en plus de notre communication "papier" plus institutionnelle. Pourtant, il reste encore du travail pour affirmer notre présence sur le web, notre professionnalisme et nos compétences.
Quelle est votre vision pour 2010 ?
Nous avons un gros travail à faire sur la communication et la présentation du groupe : des vitrines d'agences au site Internet. Le discours va s'orienter sur la marque, les agences, la stratégie et les compétences. C'est incontournable aujourd'hui. Ce travail se traduit par des résultats quantifiables grâce à nos rapports de référencement. Le web nous apporte un retour réel, par exemple sur la fréquentation du site qui augmente ou qui baisse. Ces indicateurs nous montrent que l'on augmente notre potentiel de clients. Cela suppose une remise en question systématique pour nous. Nous réfléchissons actuellement à notre communication aussi bien sur le web que sur le papier.
On ne peut plus mettre de côté le web mais il ne faut pas uniquement privilégier ce canal. A nous de trouver le meilleur mix de communication entre tous les moyens à notre disposition pour être efficace stratégiquement et économiquement. Nous devons faire nos choix en fonction des retours générés par chacun.
