Le DPE dans les annonces : quelle influence sur les prix des biens ?
Est-ce qu'un DPE classé F ou G provoque une baisse sur le prix d'un bien, ou au contraire est-ce qu'un DPE de bonne qualité tire les prix vers le haut ?
Comme nous en avons parlé dans notre dossier du mois de décembre, depuis le 1er janvier 2011, en cas de mise en vente ou de location, le classement du logement au regard de sa performance énergétique doit être mentionné dans les « petites annonces» publiées dans la presse, sur Internet ou affichées en vitrine des agences.
Bilan, 3 mois plus tard.
Comment est appliqué le décret ?
L'affichage du DPE est obligatoire, et l'étiquette depuis A (pour un logement le moins énergivore) jusqu'à G (le plus énergivore) permet à l'acheteur d'avoir une vision immédiate de la consommation d'énergie de son futur logement. En l'absence de cet affichage, un acheteur peut obtenir l'annulation de la vente pour défaut d'information suffisante. Il peut en effet le faire s'il estime qu'il n'aurait pas acheté le bien, ou alors à un prix moins élevé, s'il avait été correctement informé de sa performance énergétique.
En ce qui concerne l'affichage du DPE, une étude, menée par Vovici (pour avendrealouer) en mars 2011 auprès de 1772 personnes en recherche de bien immobilier, annonce que 63% des agences proposent des annonces avec classement énergétique. Il semble donc que la plupart des professionnels jouent le jeu du DPE, et certains vont même jusqu'à ne pas diffuser l'annonce si elle ne comporte pas la donnée obligatoire.
A titre d'exemple, chez Ubiflow, 72,5% de nos clients ayant un site web hébergé chez nous affichent le DPE sur leur site web. Les clients n'affichant pas le dpe ont fait ce choix, malgré le caractère obligatoire de l'affichage.

Le DPE et l'influence sur les prix
Une annonce qui ne présente pas la donnée DPE pourra avoir pour effet chez l'acheteur ou le locataire de penser que le logement est forcément plus énergivore. D'ailleurs, qu'en est-il pour la plupart des logements en France ? Une grande moyenne d'entre eux sont classés D (consommation énergétique inférieure à 230 KWhep/m2/an). Dans certains centre-villes, un bien noté meilleur que E est même difficile à trouver. L'Observatoire de la fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier (Fidi), basé sur 100 000 DPE réalisés depuis 2006, montrent que 53% des biens se situent en classe E, F et G, largement devant les logements en classe D (33%), en C (13%) et en A et B (2%).
Dans les grandes villes, les classements des biens se retrouvent le plus souvent entre D et G. Dans ces grandes villes et à Paris, qui connaissent plus de demande que d'offre de logements, un mauvais classement DPE ne signifie pas pour autant de décote au niveau du prix. L'étiquette DPE et le classement n'a pas d'influence sur les acquéreurs.
Par contre, pour les logements plus excentrés tels que les maisons ou les appartements en zones périurbaines, l'étiquette énergie est de plus en plus en train de devenir un critère décisionnaire. Il semble même que plus les acquéreurs vont prendre conscience de l'importance d'un tel classement, plus ces biens pourraient perdre en valeur.
Pour les acquéreurs et les locataires, un bien à la note DPE basse signifie soit plus de charges, soit des travaux pour essayer de faire baisser la facture énergétique. Mais au-delà de cela, le DPE a pris une plus grande importance aux yeux des acheteurs car le nouveau prêt à taux zéro, PTZ +, est désormais conditionné à la classe énergétique du logement fournie par ce diagnostic. Plus le classement est proche de D, plus l'acheteur peut bénéficier du montant maximal du prêt.
Un DPE plus performant
Si l'influence du DPE est de plus en plus palpable chez les acquéreurs, sa fiabilité est en revanche remise en cause. Ainsi, dans l'étude Vovici/avendrealouer, 71% des personnes interrogées pensent que les résultats du DPE ne sont pas toujours fiables. L'UFC-Que-choisir a également mené son enquête en février, et qualifie le DPE de « peu fiable » à ce jour.
La Fidi (fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier) propose plusieurs mesures afin de lever la polémique sur le DPE. « Elle souhaite notamment harmoniser les méthodes de calcul et les mettre en cohérence avec les autres dispositifs liés à la rénovation énergétique pour éviter les écarts de résultats et propose que le descriptif précis des données ayant servi à établir le DPE soit listé en annexe du rapport. Egalement, la compétence des diagnostiqueurs devra être qualifiée avec la mise en place d'une formation obligatoire définie avec des formateurs thermiciens et d'une certification à deux niveaux (niveau 1 : logements chauffés individuellement et méthodes de factures en chauffage collectif ; niveau 2 : tertiaire et immeubles avec chauffage collectif). » (Le Moniteur - 16/03/11)
Si le DPE gagne encore plus en fiabilité,
l'étiquette énergétique n'aura que plus d'influence auprès des
futurs locataires et acquéreurs.
sources : www.partenaire-europeen.fr / Le Particulier n°1060 / www.lafidi.fr / www.lemoniteur.fr / www.quechoisir.org

